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Une semaine sociale décisive

 

Après le jour des enseignants ce lundi, la grande journée d’action syndicale de mardi sert de catalyseur à la manifestation de divers mécontentements, dont l’effet pourrait bien devenir explosif pour le gouvernement et la politique de Sarkozy.

Les enseignants des collèges et lycées étaient appelés à faire grève dès ce lundi, avant la journée interprofessionnelle de mardi, pour protester contre les suppressions de postes dans l’Education et les « difficultés de la rentrée » qui n’a eu lieu que quelques jours auparavant. Cet appel est lancé par le Snes-FSU, principal syndicat enseignant des collèges et lycées, et Sud Education (minoritaire). Il ne concerne pas les écoles.

Les syndicats se joindront à la journée de mobilisation contre la réforme des retraites, enjeu majeur du quinquennat de Nicolas Sarkozy, dont l’examen débutera ce même jour à l’Assemblée nationale. La grève devait débuter dès ce lundi soir à la SNCF et le trafic ferroviaire sera perturbé toute la journée de mardi avec deux TGV et Transilien sur cinq, ainsi qu’un TER sur deux, selon la SNCF. Pour les trains Corail de jour, environ un train sur quatre circulera en moyenne. Le trafic sera normal sur Eurostar mais limité à huit trains sur dix sur Thalys. Dimanche, lors du « Grand rendez-vous Europe 1-le Parisien », le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a affirmé que le gouvernement ferait « dans le courant de la semaine », c’est-à-dire après la journée de mobilisation, « des propositions supplémentaires » sur la réforme des retraites concernant la pénibilité, les longues carrières et les polypensionnés. Mais il a prévenu que « le fond » de la réforme ne pouvait « pas changer » car « la réforme est nécessaire ». Claude Guéant a apporté son soutien au ministre du Travail Eric Woerth, empêtré dans l’affaire Bettencourt, qui défendra la réforme devant les députés.

Une majorité de Français (60 %) estime qu’Eric Woerth ne devrait pas rester en charge de la réforme des retraites, sujet sur lequel 71 % attendent des concessions du gouvernement, selon un sondage publié par Harris Interactive pour RTL. Si une large majorité de Français (70 %) approuve la journée de mobilisation selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France, 53 % jugent « tout à fait » ou « assez acceptable » le report progressif à 62 ans de l‘âge du départ légal à la retraite. Il n’empêche, commente La Croix, que le lien entre le dossier des retraites et l’affaire Woerth-Bettencourt enraye tout : « Comment ne pas voir que ses développements ont éclairé (…) le choc de deux mondes : celui de la rigueur nécessaire, censée s’imposer à tous, et celui des exceptions que s’autorisent largement certains ? En ces temps de réforme, voilà qui est bien dommage. »

De son côté, le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, a appelé à une (contre) « mobilisation totale » des parlementaires et des militants UMP sur la réforme des retraites, lors de la réunion annuelle de rentrée des militants UMP des Alpes-Maritimes, à Auron, dimanche, en compagnie notamment du ministre de l’Industrie.

En pariant sur une mobilisation massive, la gauche, comme l’explique La Nouvelle République du Centre-Ouest, « imagine un 1995 bis, quand Alain Juppé avait dû reculer sur la Sécurité sociale ». Sarkozy joue pour sa part la fin de son mandat devant un électorat de plus en plus gyrovague. D’autant, souligne Le Républicain lorrain, que la crainte grandit dans la majorité d’un 21 avril à l’envers : autrement dit « un second tour confrontant le ou la candidat(e) socialiste à celui – ou celle – du Front national »…

REMI FONTAINE

© Présent.fr

La Une

n°7173-20100907

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