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L’Europe ne sait plus où donner de la dette

… et passe ses nerfs sur la Hongrie

 

La Hongrie n’a pas cédé ! Tel est le sens de l’intervention, jeudi, d’un porte-parole du gouvernement hongrois, Zoltan Kovacs, soulignant que le conflit qui opposait l’Union européenne à son pays n’était ni plus ni moins qu’un « jeu de pouvoir », et que la Hongrie souhaitait « ramener le débat sur le terrain juridique » et « le résoudre de façon européenne ».

Autrement dit, Budapest compte bien rester maître du jeu. Son gouvernement n’entend pas céder au totalitarisme bruxellois qui a vu, mardi, les ministres des Finances de l’Union européenne ouvrir la voie à des sanctions inédites pour déficit excessif contre la Hongrie en approuvant une recommandation en ce sens de la Commission.

Une décision qui serait du plus haut comique n’était le tragique de la situation économique de l’Europe, puisque la plupart des Etats-membres de l’Union européenne ont largement dépassé la limite des 3 % du PIB de déficit, et que la Hongrie, justement, est au-dessous de ce taux.

Ce chiffre de déficit 2011 avancé par Budapest a été calculé à partir d’éléments exceptionnels qui faussent le jugement, rétorque Bruxelles. Alors là, franchement… on n’imagine pas une chose pareille ! Allez ! à l’amende la Hongrie !

Le diktat fait néanmoins son effet… ailleurs. Le géant français du pneumatique Michelin a ainsi annoncé jeudi suspendre ses projets d’expansion en Hongrie. Il est vrai qu’il justifie cette décision par le manque de prédictibilité de la politique économique du gouvernement de Viktor Orban…

INTER

La Grèce

Autre sujet européen de tension, la dette grecque. Car, malgré les sommes pharaoniques injectées, la Grèce est toujours au seuil de la faillite, qui pourrait intervenir dès le 20 mars. Heureusement le FMI, pessimiste sur les chiffres européens, mondiaux, et sur ses propres capacités financières, estime impensable, par la voix de Christine Lagarde, qu’une telle chose se produise.

D’ailleurs, les discussions continuent. Les banquiers manifestant leur volonté de ne pas aller, sauf contrainte politique, au-delà d’une décote de 50 % de leurs titres grecs, le FMI s’est tourné vers le secteur public. Mais la Banque centrale européenne, qui détient environ 45 milliards de dette grecque, fait la sourde oreille. Il est vrai qu’elle s’exposerait ainsi à une perte de plus de vingt milliards…

Aussi, le président de l’Eurogroupe et chef du gouvernement luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a-t-il décidé de mettre les pieds dans le plat, en déclarant que les Etats créditeurs de la Grèce devraient « renoncer à une partie de la dette grecque ».

On comprend que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, ait perdu patience : « On en a assez des annonces, le gouvernement à Athènes doit maintenant agir », s’il veut que l’Europe continue à l’aider à surmonter la crise, dans un entretien au Stuttgarter Zeitung de vendredi.

Volker Kauder, chef du groupe parlementaire des Unions chrétiennes (CDU/CSU) au Bundestag, va plus loin. S’il admet que « chasser la Grèce de la zone euro serait extrêmement problématique », il ajoute néanmoins : « Mais si la Grèce décidait elle-même de sortir de la zone euro, cela serait complètement autre chose. »

Il est « absurde de promettre plus d’argent si nous ne luttons pas contre les origines de la crise », affirme d’ailleurs Angela Merkel.

Bref ! la pression sur Athènes augmente. Même au loin. Le président mexicain Felipe Calderon a ainsi demandé à l’Europe de ne plus mégoter et de « sortir le bazooka immédiatement » pour éviter la contagion des maux de la région à l’ensemble de la planète…

INTER

La Pologne

A l’est, c’est la Pologne qui fait désormais monter la pression, en menaçant de ne pas signer le nouveau pacte sur la discipline budgétaire du fait d’un différend avec la France sur la participation de Varsovie aux réunions de la zone euro.

Le Premier ministre Donald Tusk l’a clairement souligné : « La Pologne exigera de façon très ferme le maintien de l’unité européenne. Le pacte budgétaire ne doit pas conduire à la division durable de l’Union européenne en deux clubs, l’euro et les autres. »

Il a également averti que la Pologne pourrait revoir sa participation de quatre milliards de dollars au renflouement prévu du FMI pour aider la zone euro.

INTER

Etc.

On pourrait multiplier les exemples de difficultés au sein de l’Union européenne. Mais qu’importe ? puisque, à Davos, certains dirigeants européens ont assuré leurs partenaires qu’il ne s’agissait que d’un problème disciplinaire. « Le cœur du problème n’est pas l’Europe, c’est le manque de discipline des Etats membres européens », a ainsi affirmé le Premier ministre danois, Helle Thorning-Schmidt.

Il est vrai que le sauveur chinois semblait pointer une nouvelle fois le bout de son nez, puisque d’aucuns ont cru nécessaire de nier toute ouverture en ce sens.

« De mon point de vue, (…) cela est du bla-bla médiatique », a déclaré le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy.

Il n’empêche que l’idée a effleuré un certain nombre de dirigeants européens, qui ne savent plus où donner de la dette, et n’hésiteraient pas, plutôt que de renier leur idéologie, à vendre, en quelque sorte, leurs pays à Pékin.

Au lieu de courir, ils feraient mieux de se retrousser les manches. C’est du moins ce que leur suggère la Banque mondiale, pour qui l’un des principaux problèmes économiques des Européens est qu’ils travaillent trop peu…

Bravo Nicolas…

OLIVIER FIGUERAS

© Présent.fr

La Une

n°7528-20120128

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