
En effet, Présent n’est pas seulement le journal qui parle autrement, il est un journal autre. Différent de la presse quotidienne pourrie par les idées qu’elle exprime, il est tout autant différent par sa constitution, par sa structure, par ses moyens de communication, par son être même.
Conséquence : la manière de s’en servir rompt tout à fait avec les habitudes ordinaires des lecteurs de quotidiens parisiens ; elle demande donc une explication, un mode d’emploi. Les voici :
Un vrai journal, comme son nom l’indique, c’est celui qui paraît tous les jours : c’est pourquoi, à grand ahan, nous avons fait un quotidien. Chaque jour « Présent partout », arrivé chez vous par l’abonnement, ou offert à votre porte chez le marchand de journaux.
La première année du premier septennat de la France socialiste, c‘était le 5 janvier 1982, nous avons fondé ce quotidien diffusé par abonnement. La première année du second septennat de la France socialiste, le 17 mai 1989, nous avons lancé Présent chaque jour en vente au numéro partout dans les kiosques à journaux. Avec beaucoup, beaucoup, vraiment beaucoup d’argent, nous aurions pu progresser plus vite : mais alors dans la dépendance de ceux qui nous auraient prêté cet argent. On a évidemment le droit de souhaiter un quotidien qui serait autre chose, ou davantage, ou mieux. On a toujours le droit de rêver. Mais veuillez noter que depuis un demi-siècle personne n’avait pu réaliser, pour nos familles d’esprit, un autre quotidien que celui-là : parce que ce n’est pas possible. La seule formule possible pour nous, à l‘époque actuelle, est la formule matériellement modeste, mais libre, d’un quotidien de combat qui soit « expeditus », comme disaient les soldats de Sylla et ceux de Jules César, c’est-à-dire : « armé à la légère ». Dieu aidant, Présent travaille à grandir pour mieux servir. Mais à son rythme ; et à la mesure de l’aide militante que lui apportent les lecteurs consciemment mobilisés contre l’hypnotisme médiatique, pour réveiller de son somnambulisme artificiel ce peuple français que l’on abrutit afin de l’asservir.
Notre quotidien est le premier à souffrir de ses imperfections, de ses limites, de ses défauts, qu’il s’efforce de corriger (comme chacun de vous dans sa vie personnelle : vous savez à quel point ce n’est pas facile). Mais enfin vous n’aviez pas eu de quotidien politique pendant un demi-siècle et vous n’en aurez pas d’autre pendant longtemps : pas d’autre de notre famille, ni socialiste ni libéral.
Alors, comme dans une famille, aimons-nous pour ce que nous avons de bon, et supportons-nous les uns les autres pour ce que nous avons de moins bon ; mais marchons ensemble. Fermes et droits.
Jean Madiran